II.3 Session 3 : Présentation des profils de métiers et besoins de qualifications
De retour de la pause déjeuner, la session 3 s’est ouverte avec M. MEKE SOUNG Pierre Nolasque comme modérateur, Dr NACK Jacques, MM. NWAMO Roland Didier, TANGKO Noel CHUYE et MAMA Anselme Crépin (tous de l’ISH-UD) en étaient les rapporteurs. La session était constituée de quatre communications respectivement présentées par les représentants de la COREP, l’APDRA, le MINEPIA et M. ONGUENE Raphael (IUT-UD).
M. SABUNI KASEREKA Emmanuel, Administrateur au Développement des Pêcheries et à la Programmation de la COREP, a communiqué sur le thème « Inventaire des référentiels de métiers existants ; des besoins de formation identifiés comme prioritaires et des qualifications recherchées pour le développement de la pêche dans la sous-région Afrique Centrale » et Mme Félicie AULANIER, Chargée du Suivi Environnement à l’APDRA a présenté son exposé sur l «Inventaire des référentiels de métiers existants ; des besoins de formation identifiés comme prioritaires et des qualifications recherchées pour le développement de l’aquaculture dans la sous-région Afrique Centrale ».
De l’exposé de M. SABUNI on retient que La COREP est une Organisation Intergouvernementale instituée depuis le 21 juin 1984 à Libreville au Gabon et est devenue une institution spécialisée de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) le 30 octobre 2007. Sa mission se résume à assister les Etats membres en vue de protéger et de mettre en valeur, de façon durable, les ressources halieutiques ainsi qu’à promouvoir le développement de l’aquaculture, dans la perspective de maximiser l’exploitation des potentialités des milieux aquatiques et de garantir le bien-être du plus grand nombre des habitants. La COREP affirme son intérêt pour le Master en GesDREA étant donné la nécessité, pour les pays membres, de disposer des systèmes efficaces de gestion des ressources halieutiques qui constituent la voie indiquée pour atteindre les objectifs macroéconomiques et sectoriels. Ceci passe par 5 axes prioritaires que sont l’amélioration du cadre institutionnel, l’élaboration et mise en œuvre de plans d’aménagement ; le renforcement du système d’information, l’évaluation régulière des stocks et l’amélioration des connaissances sur les ressources, le renforcement du système de contrôle et de surveillance. En terme de besoins de formation et de qualifications recherchées à l’échelle du golfe de Guinée, la COREP propose ce qui suit :
  • a) Biologie des pêches: capacités en biologie des espèces, inventaire et distribution spatio-temporelle des peuplements, évaluation et suivi des stocks, aménagement des pêcheries.
  • b) Océanographie: capacités de conception des mesures de conservation des environnements marin et côtier, en vue de leur intégration dans la gestion globale de la pêche.
  • c) Bio statistiques (enquêtes-cadres, collecte et traitement des données statistiques): capacités de participation à l’élaboration des schémas de simulation sur l’évolution des pêcheries (ex: modèles bioéconomiques basés sur les données biologiques et économiques en interaction avec les dynamiques de pêche).
  • d) Socio-économie des pêches: capacités de mettre en évidence et d’analyser les éléments déterminants tels que coût-efficacité d’une politique ou d’un investissement, rentabilité, approche économique des pêches (valeur économique-rente halieutique), fluctuation des prix du poisson (par espèce), emplois rémunérés, taux de consommation du poisson, pratiques traditionnelles, etc …
L’orateur a terminé son propos par quelques suggestions telles que la création d’une revue scientifique pour la valorisation des travaux de recherche dans le domaine, une tenue régulière de telle rencontre pour un réajustement permanant des besoins de formation, la promotion de l’aquaculture en plus de la pêche.
       
Présentation des profils de métiers et besoins de qualifications dans les domaines de pêche (M. SABUNI de la COREP) et de l’aquaculture (Mme AULANIER de l’APDRA)
Mlle AULANIER a présenté L’APDRA qui est une association française d’utilité publique dont la principale mission est le développement d’une aquaculture durable dans les exploitations de petite taille à travers l’accompagnement des producteurs, la mise en place des exploitations agricoles rentables, le renforcement des compétences locales, la formation des cadres, la formation des formateurs et l’accueil des étudiants stagiaires.
Un effectif d’environ 18 métiers a été signalé pour la seule activité d’aquaculture. Ces métiers varient en fonction des régions. On a surtout parlé de Responsable production, de Conseiller et animateur piscicole, de l’encadrement du personnel, de Consultant création d’exploitations, de pisciculteur, technicien aquacole, d’ouvrier piscicole.
Plusieurs besoins de formation ont été identifiés et à plusieurs niveaux. Pour ce qui concerne le présent atelier, nous retiendrons la formation des Conseillers et animateurs qui sont chargés d’informer les producteurs sur les nouveaux systèmes aquacoles ; des Chefs de projets qui doivent sensibiliser et accompagner les candidats à la mise sur pied d’une exploitation aquacole, faire les études préalables de faisabilité de projets, renseigner sur la manipulation des poissons, l’utilisation du matériel de pêche, l’organisation des producteurs ; les chefs de production qui doivent être capables de définir le matériel et l’équipement nécessaires, d’assurer la gestion technico-économique, de procéder à la réorientation de l’exploitation en fonction des changements du milieu.
Les deux exposés ont fait l’objet d’un débat au cours duquel des suggestions, des questions et des éclaircissements ont été enregistrés.
Après une pause café, les deux derniers exposés du jour ont été effectués. Le Dr NGOUANDE Salvador Chef de Division de la Pêche Maritime, Représentant du MINEPIA a exposé sur le thème « Identification des besoins de formation identifiés comme prioritaires pour une gestion optimale de la pêche et de l’aquaculture au Cameroun ». Dans cet exposé, il a présenté le MINEPIA, son rôle principal ainsi que son champ de compétence et ses besoins de formation. Le dernier présentateur fut M. ONGUENE Raphael sur le thème « Inventaire des besoins de formation identifiés comme prioritaires pour une gestion intégrée des littoraux et en aménagement portuaire ».
Après une brève présentation du MINEPIA par le Dr NGOUANDE Salvador, il a ensuite donné son rôle principal ainsi que ses champs de compétence et ses besoins. Les besoins de métiers identifiés ici sont l’aménagement des pêcheries, collecte et traitement des données, systématique et écologies des espèces aquatiques, océanographie /limnologie, droit maritime, domaines relatifs aux normes, gestion des infrastructures côtières, aménagement des infrastructures aquacoles, nutrition et maladies des animaux aquatiques, gestion des installations aquacoles.
Pour finir son propos, l’intervenant a souligné l’énorme potentiel en ressources halieutiques que regorge le Cameroun malgré qu’il importe une masse importante de poissons pour couvrir la demande exprimée par la population. Toutefois, il a signalé que beaucoup de mesures sont prises par le gouvernement pour pallier ce déficit à savoir le développement de l’aquaculture en favorisant l’accès aux intrants.

  
Présentation des profils de métiers et besoins de qualifications identifiés par le MINEPIA (Dr NGOUANDE) et dans les domaines de l’aménagement portuaire (M. ONGUENE)
Pour étayer ses propos, M. ONGUENE s’est appuyé sur deux exemples de structures intervenant dans la région littorale du Cameroun : le Port Autonome de Douala (PAD) et la Communauté Urbaine de Douala (CUD). Leurs missions et leur état des besoins en ressources humaines prioritaires ont été mises en évidence. Notamment des Chargés d’étude et des Chefs de projet pouvant intervenir dans les domaines de l’environnement littoral, de la qualité des eaux et des risques littoraux.
L’orateur a également évoqué les besoins de formation et qualifications recherchées tels que la conception et la réalisation des ouvrages maritimes, la métrologie air/mer, le contrôle de la dynamique sédimentaire, la gestion des eaux de ballast.
Comme pour les deux premiers exposés, un dîner-débat fut ouvert, des préoccupations, des suggestions de métiers et de formations dans d’autres secteurs d’activités ont été mentionnées.
La clôture de cette session a également marqué la fin de cette journée et le modérateur du jour, le Pr TCHOUMBOUGNANG François a remercié les participants et le rendez vous a été pris pour demain 27 février 2014 à 7h30.
III. Jour 2, 27 février 2014
Le programme de ce Jeudi 27 Février 2014, jour 2 de l’atelier prévoyait la présentation et amendement du rapport du Jour 1, une présentation du PAPESAC sur l’approche méthodologique pour une meilleure adéquation formation emploi dans le domaine des pêches et de l’aquaculture au Cameroun puis les travaux se sont poursuivis en atelier.
III.1. Rapport de la première journée
A l’issu des rapports des sessions présentés par MM NDEMA NSOMBO Eugène, TAMGNO Béranger Raoul et NWAMO Didier Roland, rapporteurs de la première journée, l’assemblée a à l’unanimité adopté les rapports sur le fond, et a suggéré quelques éléments de forme.
III.2 Approche méthodologique
L’approche méthodologique a été présentée par Mme Pascaline HENRIET et M. Olivier DIONIGI du PAPESAC. Cet exposé présente le PAPESAC comme étant un pôle d’expertise ayant pour mission d’accompagner les établissements d’enseignement supérieur dans la professionnalisation de la formation ou l’appui conseil. Ses missions se déclinent en quatre grands axes : structuration de la recherche, démarche qualité et montage de projet, Ingénierie de formation et professionnalisation des enseignants chercheurs. Les démarches de cette structure s’appuient sur l’approche par compétence (APC). Cette approche consiste à définir les compétences inhérentes à l’exercice d’un métier et à les formuler dans le cadre d’un programme de formation. Les exposants ont par la suite proposé la méthodologie qui devra être utilisée dans les différents ateliers.

En bref, il était question au cours des ateliers de définir les métiers prioritaires dans chacun des cinq axes de la gestion durable des ressources et des écosystèmes aquatiques notamment l’Aquaculture, l’Environnement Aquatique, la Pêche, l’Océanographie et Limnologie, et la Valorisation des Produits Halieutiques.
III.3 Résultats de l’atelier de lancement du projet GesDREA
Des travaux effectués dans les différents ateliers, 24 métiers sont identifiés comme prioritaires dans la thématique de la GesDREA. On note 4 dans la sous thématique Valorisation des produits halieutiques, 5 pour Aquaculture, 4 pour Océanographie et limnologie, 6 pour Gestion des pêches et 5 pour Environnement aquatique.
Tableau I. Liste des métiers identifiés comme prioritaire dans les différents ateliers

Thématiques

Métiers identifiés comme prioritaires

Valorisation des produits halieutiques

Transformation et conservation des produits halieutiques

Responsable de qualité des produits halieutiques

Responsable technico-commercial 

Conception et maintenance des équipements 

Aquaculture

Chef d’exploitation   aquacole

Conseiller de production

Aménagiste – Ingénieur aquacole

Producteur d’aliments/Nutrition

Pathologiste

Océanographie et limnologie

Aménagiste côtier

Ingénieur Offshore

Hydrographes

Spécialiste en Environnement Marin

Gestion des pêches

Dynamicien

Généticien

Pathologiste

Statisticien

Informaticien

Socio- économiste des pêches

Environnement aquatique

Ingénieur hydrobiologiste

Gestionnaire des ressources aquatiques

Chargé du suivi environnemental

Aménagiste des bassins versants

Analyste des services et payements écosystémiques

Les qualifications requises à l’exercice de chacun de ces métiers ont été définies dans les différents ateliers ainsi que les autres caractéristiques telles que les autres appellations courantes du métier, les conditions d’exercice, le degré d’autonomie et de responsabilité du titulaire, les facteurs d’évolution du métier ainsi que les moyens techniques indispensables à l’exercice du métier.
Les besoins de formation dans le domaine n’ont pas été spécifiquement abordés au cours de cet atelier mais ils semblent implicitement contenus dans les emplois et métiers suscités. De même il convient, comme nous l’a suggéré notre partenaire le PAPESAC, que la liste des métiers ici constituées soit l’objet d’une seconde priorisation avec des professionnels des différents secteurs concernés.